
L’histoire incroyable mais vraie d’un jeune virtuose qui s’introduit par effraction dans un musée d’histoire naturelle pour y voler des oiseaux empaillés. Le Voleur de Plumes est une enquête passionnante sur les raisons qui ont poussé Edwin Rist, 20 ans, à risquer sa brillante carrière de flûtiste pour cambrioler le musée de Tring, en Angleterre, lors d’une belle et chaude soirée de juin 2009. Son butin ? Trois cents spécimens d’oiseaux rares. Une véritable catastrophe pour la science.
Cette affaire insolite entraîne l’auteur, Kirk Wallace Johnson, dans le petit monde fermé des monteurs de mouches, un hobby datant de l’époque victorienne consistant à fabriquer des mouches de pêche à partir de plumes. Mais les plus belles mouches exigent les plumes les plus colorées, issues d’oiseaux tropicaux rares. Les passionnés les plus extrêmes sont prêts à tout, y compris à payer des fortunes, pour obtenir des plumes iridescentes de quetzals resplendissants ou de paradisiers.

©Timo Kontio

©Monte Smith
Mais ces oiseaux, dont les populations ont été décimées à l’époque victorienne pour leurs plumages magnifiques, sont aujourd’hui protégés à l’échelle internationale. Malheureusement la demande en plumes ne diminue pas et a donné naissance à un véritable marché noir, alimenté par des spécimens volés dans les musées d’histoire naturelle du monde entier, voire par des oiseaux braconnés dans leurs habitats naturels. Ainsi, la cupidité humaine est responsable du massacre des plus beaux oiseaux du monde, et de la perte irréparable de spécimens précieux conservés pour la science.

©Holger Teichmann

©Gabriel Willow
Ce livre est unique – un mélange captivant d’enquête journalistique, d’histoire naturelle et de réflexion sur la conservation. Nous l’avons tous les deux adoré. Avant de lire Le Voleur de Plumes, nous n’avions aucune idée de l’impact dévastateur qu’avait eu la mode victorienne sur les populations d’oiseaux à travers le monde, ni que, de nos jours encore, les oiseaux tropicaux – morts ou vivants – restent victimes du trafic de plumes destiné à la fabrication de mouches de pêche !
Il est profondément troublant d’apprendre que même les spécimens conservés depuis des décennies, voire des siècles, ne sont pas à l’abri dans les musées. Des trésors scientifiques, comme des oiseaux collectés au XIXe siècle par le naturaliste Alfred Russel Wallace lui-même, ont ainsi disparu des collections.th century have disappeared from their cases in the latest years!
Ce qui nous met le plus en colère, c’est que ces mouches fabriquées avec des plumes rares ne servent même pas à pêcher : elles ne sont que des objets décoratifs. Et les monteurs pourraient tout à fait utiliser des plumes de poule teintées, qui sont tout aussi belles. En tant que biologistes et ornithologues passionnés, ce livre nous a souvent laissés frustrés et tristes pour nos chers oiseaux – mais la lecture en valait vraiment la peine.
Le Voleur de Plumes est incontournable pour les amoureux des oiseaux, les défenseurs de la nature et tous ceux que les histoires de crimes réels fascinent. Ce livre vous laissera vous interroger sur jusqu’où l’obsession peut mener les gens – et sur le prix que la cupidité humaine fait payer à la nature.
Si vous voulez en savoir plus sur ces mouches avant de vous procurer le livre (il contient aussi des photos), vous pouvez suivre le lien vers cet article, dans lequel la passion de l’auteur pour les mouches est plus que palpable. Nous espérons qu’il n’utilise pas des plumes d’oiseaux rares ! https://www.thefield.co.uk/fishing/classic-salmon-fly-the-art-and-the-history-27937

